Mercredi 5 mars 2008
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Oui, les journées furent courtes alors, et bien remplies, dans la recherche de la chaleur et des petites chose pas trop mauvaises à
manger. Et on s'imagine que ce sera ainsi jusqu'à la fin. Mais souvent, tout se met à rager et à gronder, on est perdu dans s'immenses fougères claquantes ou lancé à travers de steppes
battues par la tempête, à se demander si l'on n'est pas mort à son insu ou né à nouveau quelque part.
Samuel Beckett
Malone meurt
Par Anselme
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Mardi 4 mars 2008
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Or la porte n'étant pas pour rien une porte, c'est-à-dire fermée, il l'entrebâilla et vit par la fente, toute esseulée sur la terasse, la bouteille de whisky, plus
vide d'espoir et plus petite que le Burke's Irish.
Malcolm
Lowry Sous le volcan
Cette oeuvre a été adaptée au théatre par Laurent Gutmann, sous le
titre " Je suis tombé ". Je ne l'ai pas encore vue, me réservant cette soirée pour la semaine prochaine. Le titre d'adaptation me plait bien en lui même car il correspond à ce que je
ressens depuis l'absence prolongée de l'Inconnue de la gare de Corinthe. L'ivresse de la mélancolie m'imprègne comme un brouillard irlandais, tant et tant que je ne parviens à m'en extraire
durablement. Même si j'ai pris acte de sa décision, il n'en demeure pas moins que son respect necessaire a créé une sorte de mélancolie incurable dont aucun caractère d'imprimerie ne peut rendre
compte.
Anselme.
Par Anselme
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Dimanche 2 mars 2008
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10:18
Nouvelle tentative de retour. La rupture de novembre 2007 a consumé mes désirs d'écrire et lire. Je suis toujours à la recherche de l'Inconnue de Corinthe dont je n'ai plus de
nouvelles deouis si longtemps.
J'ai perdu une paix intérieure et elle ne le sais pas.
J'ai relu quelques lettres dont je tairai le contenu, Ce sont autant d'échardes qui navrent mes sentiments toujours vifs à son endroit. La souffrance, corollaire de l'amour, ne
se nomme point elle passion ?
Anselme.
Dans l'oeil de l'oiseua migrateur
je deviens
toujours plus petit
Ueda
Gosengoku
Par Anselme
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Lundi 21 janvier 2008
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07:57
La poésie, c'esr de constater que beaucoup de ce qui est signification dans la parole ordinaire est empiégé par sa formulation conceptuelle, laquelle implique
l'oubli du temps vécu et du caractère absolu des situations de hasard que toute personne a à vivre. Et d'entrée de jeu elle cherche donc à transgresser cette sorte de signifiance, s'ouvarnt pour se
faire à des notations qui montent des profondeurs de la personne;
Yves Bonnefoy
J'arrête là l'écriture de cette pensée de Bonnefoy. Je n'ai rien compris, même aprés répétition de lectures successives. Dire que des gens
ont pu dire que Mallarmé était hermétique. Tout est donc si complexe dans l'esprit de Bonnefoy pour que sa formulation soit si alambiquée ? Grâce au Ciel, d'autres auteurs s'expriment plus
clairement sur la poésie. Nous continuerons à les recevoir.
Anselme.
Par Anselme
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Samedi 19 janvier 2008
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18:25
Mais une angoisse l'attendait, et comment Yves Frontenac en eût-il pressenti l'horreur, à la fenêtre de sa chambre, en cette nuit de septembre humide et douce ?
Plus sa poésie rallierait de coeurs, et plus il se sentirait appauvri; des êtres boiraient de cette eau dont il devait être seule à voir la source se tarir.
François Mauriac
Par Anselme
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Jeudi 17 janvier 2008
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10:39
J'ai cette idée qu'on peut toujours traduire un poète, anglais, latin ou grec,exactement mot pour mot, sans rien ajouter, et en conservant même l'ordre,
tant qu'enfin on trouvera le mètre et même la rime.
Alain
Par Anselme
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Mercredi 16 janvier 2008
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07:30
Comment dire les vers ?
C'est un sujet scabreux que celui-ci.
Tout ce qui touche à la poésie est difficile. Tous ceux qui s'en mêlent sont d'une exquise irritabilité. Le méange inextricable des sentiments de chacun et des exigences
communes donne occasion à des dissentiments infinis. Rien de plus naturel que de ne point s'entendre; le contraire est toujours surprenant. Je crois que l'on ne s'accorde sur rien que par méprise,
et que toute harmonie des humains est le fruit heureux d'une erreur.
Paul Valéry
Par Anselme
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Mardi 15 janvier 2008
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07:53
En quoi es-tu pour que naissent tant d'ombres
Qui sont s peu les tiennes ? Qui n'a qu'une ombre ?
Mais une seule; et toi, qui n'est qu'un seul,
Projette autour de toi toutes le ombres.
Adonis, par exemple ? En vouloir une image
Ne serait que bien pauvrement te contrefaire.
Et qui mettrait tout l'art du monde en une Hélène,
Que peindrait-il que toi encore, en robe grecque ?
Quant au printemps, à l'abondance de l'automne ?
L'un, c'est l'ombre de ta beauté, et l'autre,
L'écalt de ta bonté. Nous te reconnaissons
Dans toute forme par le Ciel favorisée.
Rien de beau que tu n'aies, mais ta consance
Te distingue de tous, autant qu'eux de toi.
Shakespeare sonnet 53
Il est de doux rêves de passion qui traumatisent toujours, le temps filant tristesse sur son
métier moqueur. Rien ne sert de souffrir, il faut partir à point se moquerait le Cynique. Ris et moque toi donc, fils de l'infernale Raison.
Tu tires un chèque sur les sentiments et n'honores pas ta créance. Facile donc de ricaner. " Par crainte des lieux communs je garde pour moi bien des choses." écrivit Cavafis auquel la société
semblait bien étriquée. Va! Constantin, mon humeur est la tienne, à chaque jour qui passe. Moi aussi, je préfère garder en moi l'indicible destin que nul n'a compris.
Anselme
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Dimanche 13 janvier 2008
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08:55
L'A-jamais - est fait d'Aujourd'huis -
Ce n'est pas un autre temps -
Sauf pour l'Infini de Séjour -
Et pour sa Latitude -
Dans ce temps - vécu Ici -
Transférons les Dates - Là-bas -
Laissons les Mois se dissoudre en d'autres Mois -
Les Années - s'exhaler en Années -
Sans Débat - sans Trêve -
Ni Jours de Célébration -
Nos Années à l'Anno Domini -
Seront identiques -
Emily Dickinson
C'est avec une grande poëtesse américaine que je commence cette année 2008. Un texte choisi parce que sans doute il est appel à
l'Oublieuse restée en bas au Sud de ma Tristesse. Chacun sait que la Misère ordinaire est Cardinale et que le tilleul n'est plus le plus romantique des Arbres. " Allant le train de notre temps,
allant le train de ce grand vent " écrivit Saint John Perse. " Je vois un jardin dévasté par la lumière " eut pu lui rétorquer Aragon. Dans ce grand Art de la Poësie, je traîne comme un
lugubre chemineau dévasté par la grêle de la petite vérole. Ami(e) lecteur (trice), l'An commence 08 sur les pas démunis d'un Chantre sans aveu.
Anselme
Par Anselme
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Samedi 12 janvier 2008
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19:44
Depuis le 16 décembre dernier, je déserte cette île, emporté par un mal
mystérieux oscillant entre tristesse et crise de flemme. Ce n'est pas faute de textes à proposer à votre attention pourtant.
J'ai donc écarté de mes préoccupations la simple idée de revenir ici. Et j'ai constaté que les visiteurs restaient présentes et présents, laissant parfois des commentaires et je me suis donc
dit " Courage Anselme , n'abandonne pas ce jardin des auteurs que tu souhaitais voir prospérer . "
Pour des raisons personnelles, il n'y aura plus de Corinthe, un curieux petit jeu auquel il manque une présence chère pour
le poursuivre encore.
Ce sera la seule différence avec " avant ".
Je vous souhaite une belle et douce année 2008.
Anselme.
Par Anselme
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